La peau du Rouge

La boulette américaine est énorme. Mort de Ben Laden : nom de code Geronimo. Les indiens sont furieux. Donner le nom d’un « résistant » à une opération contre un terroriste notoire ! Cela veut peut-être dire autre chose dans la mémoire américaine ? Geronimo est resté, dans l’histoire des guerres indiennes, comme le plus redoutable chef en résistance contre l’armée américaine. Geronimo terroriste contre la nation américaine qui ne demandait qu’une chose, piller le territoire des tribus en bafouant des traités jamais respectés ? Cela étant écrit, il faut s’installer confortablement dans son fauteuil, face à son écran, une bière à la main (américaine de préférence) pour revoir Geronimo le peau-rouge réalisé, en 1939, par Paul Sloane avec dans le rôle-titre, Chief Thundercloud, faux indien mais vrai Irlandais. Si on retire les analyses nombreuses et variées (nous sommes en 1939 et donc plusieurs lectures du film sont envisageables à la veille de la Seconde Guerre mondiale), nous somme face à un vrai film anti-indien comme les séries B en produisaient beaucoup. Il se laisse regarder avec le goût enfantin de ces films qui n’avaient d’autre prétention que de faire passer un bon moment. Ne pas regarder Geronimo le peau-rouge avec la sensibilité d’aujourd’hui. Film déviant qui utilise un film sur la cavalerie pour raconter les déboire familiaux d’un père et de son fils (N’est pas John Ford qui veut). La trame est simple comme une bande dessinée bon marché, avec en fil rouge, faire la paix ou tuer Geronimo. Vous voilà prévenus. Et pour ceux qui ne connaissent pas le dénouement historique du plus grand chef des Nations indiennes, je vous conseille de lire Les Mémoires de Geronimo. En attendant de feuilleter le bouquin, laissez-vous emporter par le film qui a le mérite d’exister. Si le réalisateur est un admirateur sans borne de John Ford. Œil-de-lynx que vous êtes, vous trouverez facilement les extraits empruntés à ce dernier. Reconnaissons que le film est grossièrement « raciste »… le cinéma écrit souvent l’histoire à un moment de « son histoire »… Ainsi va le 7e Art.
 
PS. Vous aurez reconnu sur le visuel à gauche Chief Thundercloud dans le rôle-titre, à droite Geronimo (1829 -1909)