WARDI / entretien avec Patrice Nezan

Sortie le 27 février dans quatre salles parisiennes, et plus de 50 en régions. Voilà un film d’animation qui a rempli le cœur des spectateurs du festival Ciné junior (Val de Marne). Un programme qui n’a rien avoir avec l’animation formatée de Pixar. Tout est ici humain. Un film tendre qui vous prend aux tripes. Du certainement au traitement de l’histoire (marionnettes animées et dessin 2D). Celle de quatre générations d’une famille palestinienne coincée dans leur camp. L’espoir au ventre, une clé à la main. Une famille qui se raconte à travers les yeux de Wardi, une enfant de onze qui a les questions de son âge. Questions pertinentes qui ouvrent une boite de pandore, celle des souvenirs. 14 mai 1948, le piège qui se referma le jour de la création de l’Etat d’Israël avec la fermeture définitive des frontières, et la fuite de la maison familiale. Entre l’enfer et le paradis, Un camp à Beyrouth. Le film de Mats Grorud réalisé en France, dans les studios, au lieu dit ; La Cartoucherie à Bourg-les-Valence, révèle cette particularité propre à un cinéma en héritage. Celui de Méliès. La qualité de l’animation se niche dans l’histoire contée. L’effet n’est pas gratuit. Il raconte. Cette résistance et ce passage de témoin. La clé. Celle de l’espoir et de cette maison abandonnée qu’il faudra bien un jour retrouver. Le film nous y love sans militantisme. Humain terriblement humain ses marionnettes. Rencontre avec le producteur Patrice Nezan