Roman noir et Social à Vitry-sur-Seine

Le noir est social. Quelle autre teinte pour symboliser le verbe en colère ? La clé de cœur qui ouvre le premier Festival du roman noir et social. Trente et un auteurs se sont donnés rendez-vous sur les bords de Seine, à Vitry-sur-Seine.  A quelques encablures d’un souvenir cinématographique. Mémoire pelliculaire de 1936 avec La Belle équipe de Julien Duvivier. Rendez-vous donc à la Maison de la vie associative du 6 au 8 décembre 2019.
Romans tracts, écrits sociaux, perdants magnifiques. Poètes aux vers ciselés. Voilà la langue des oubliés, de ceux qui ont la hargne au bout du stylo. Le roman noir endosse les crises existentielles tout comme celles des mille et  une violences silencieuses qui minent le temps sans avenir. Si la police flirte avec l’invisibilité, le citoyen moyen, broyé par la fatalité de la destruction sociale, se débat dans l’espoir de (sur) vivre. Le héros s’arcboute à ses certitudes humaines, sauvant les apparences avant qu’elles ne soient anéanties. Noir social. Pénibilité des « sans dents ».  Le roman noir est dans l’espoir de l’homme. Celui de la révolte. Celle de la Sociale, du brin de muguet cueilli au bois de Chaville en fredonnant Le Temps des cerises. Il est beau ce monde qui parcourt, dans sa diversité, les pages des romans Invités. Vitry bat au rythme de la fraternité et peu importe que les porteurs de flingues se limitent à vivre leurs aventures, sans autre arrière-pensées héroïques que de suivre leurs auteurs.
L’affluence fut au rendez-vous. Les échanges entre écrivains et lecteurs.trices ont été vécus dans la convivialité. Sans parler des conférences où l’on a dû rapporter des chaises pour que tous les auditeurs puissent trouver place. Sourire des bénévoles (plus de cinquante pour la bonne tenue de l’organisation) présents et efficaces dans la discrétion. Les organisateurs dont Livres en luttes (on y reviendra), la librairie Les mots retrouvés et le Centre culturel de Vitry ont promis de remettre le couvert l’année prochaine. Toute bonne feuille mérite la plus grande des patiences !