Debout les femmes

Les premières projections ont commencé vendredi 10… La liste s’allonge jusqu’à la sortie le 13 octobre… N’hésitez pas à vous rapprocher de votre cinéma favori pour savoir si Debout les femmes ! est programmé. Si ce n’est pas le cas, faites le forcing.

Rencontres avec des femmes formidables

Il y a des films qui ont du souffle. Qui aère les neurones, qui déblaient d’un coup de bourrasque les idées toutes faites, les sentiments de l’invisibilité du service rendu. Ce peuple des oubliés auquel les représentants de la République, garant de l’Égalité devant Marianne, balaient d’un revers de loi. Triste Sir que nos élus qui se comportent comme des aristocrates.  Le nouveau film de Gilles Perret et François Ruffin est un documentaire Rock, couleur Comix. Imaginez de plonger dans le même bain d’aventures, un député de  En Marche et un Insoumis ? Le cocktail mal dosé aurait pu rapidement devenir indigeste. Alors pourquoi l’alchimie entre François Ruffin et Bruno Bonnell a-t-elle si bien fonctionné ? Peut-être justement, parce qu’ils ne se sont pas aperçu de la connivence qu’offrait leurs représentations cinématographiques. Disparates dans l’adversité comme Laurel et Hardy ? naturellement ! Héros à contre courant. Chacun nageant dans son couloir et pourtant, cette complémentarité mettra en défaut le dicton qui voudrait que les  parallèles ne se rejoignent jamais. Toute l’aventure est là, dans les croisements sociaux, les regards et les sourires. L’envie de rendre l’invisible, visible aux yeux des législateurs.  Ruffin et  Bonnell vont tout deux retrousser les manches, mouillés la chemise pour aller à la rencontre de ces femmes qui s’occupent de nos enfants, nos malades, nos personnes âgés et font aussi le ménage à l’Assemblée. Haut les cœurs, les voilà dans leurs actions chahutés par le Covid, le couvre-feu. Qu’a cela ne tienne, hargneux, ils bousculeront les hésitations, les peurs pour mieux dompter les appréhensions, revigorer l’espoir. Un duo de choc qui va se bagarrer au côté de ces invisibles. Tout est bon, sur tout les plateaux de télé qui dans homogénéité de leurs différences politiques, notre duo va faire éclater les interrogations journalistiques. Tout est bon pour défendre avec cette morgue des faubourgs, le projet de loi contre la précarité des aides à domiciles, des Accompagnants des élèves en situation de handicap (AESH), des agents d’entretien, de leurs revalorisations financières, de leurs reconnaissances.  Une aventure qui ouvre d’autres perspectives, même si la réticence de l’assemblée est à la hauteur de la honte qu’il s’inflige.  L’aventure ne fait que commencer. Voir cet emportement tout à fait républicain de François Ruffin devant la commission qui vient de retirer du projet toute sa substance. Il a raison l’insoumis de hurler devant l’indifférence technocratique des élus. Ils injurient Marianne. Car ne nous y trompons pas ces femmes, toutes ces femmes, Delphine, Sabrina, Assia, Hayat, Sandy et les autres sont à l’effigie  de Marianne, dans toute leurs beautés. Ne sont-elles à la fin du film seules dans l’hémicycle votant la loi promise par Macron. Promesse non tenue. Cette détermination sans faille de ces femmes est là dans la réjouissante fin qui ouvre d’autres perspectives.    Courage, le monde vous appartient déjà.