RKO

Le Dernier des Titans

Serge Bromberg, créateur de Lobster Films.

Le cinématographe est officiellement né le 28 décembre 1895.  Ce n’est loin s’en faut, la seule date à  retenir. Après un défrichement rappelant, ” Dawson City, le temps suspendu“, Lobster nous propose une littérature cinématographique et une date. Celle d’une aventure économique et artistique. L’implantation de la dernière Major d’Hollywood. Le quartier choisi : Colegrove, sur près de 5 hectares à quelques palissades d’un futur voisin prestigieux, La Paramount.  Le dernier des Titans à trouvé son cocon. La RKO Radio Picture, naitra fin 1928. Moment de grande turbulence.  L’ éruption de la violence  économique avec le début de la crise de 29, et le changement de braquet de l’industrie cinématographique qui passe du muet au sonore plus rapidement que de la pellicule au numérique. Des embuches qui ne freineront  pas l’extension de la cadette. Tout est dans la besace et surtout le son. Le Radio Picture de RKO symbolisé par son logo.  Comme dans toute famille, il n’est pas facile  pour la petite dernière de se frayer un chemin.  Toutes les parts du gâteau ont été réparties. Les miettes suffisent-elles à nourrir son cinéma ?  Il faut croire que oui ! La RKO a le nez fin, celui d’un parfumeur diront certains. Elle offre malgré sa jeunesse la chance à Orson Welles (Citizen Kane et  Le Splendeur des Amberson), John Ford ( La Chevauchée Fantastique, Le Mouchard). Des pointures. RKO ouvrira grand ses écrans à l’aventure fantastique avec King Kong. Aucun autre n’égalera le film de Merian C.Cooper et Ernest B.Schoedsack.   Il faut croire Richard B. Jewell l’auteur RKO RADIO PICTURES dont la traduction dû à  Pierre-Henri Loÿs, Gaëlle Lynch assistés d’Emile Mahler, nous permet de vivre cette aventure moderne avec la délectation d’un polar. Tout y est, même les chiffres abondant ne sont pas rébarbatif. L’aventure au jour le jour. Un strip  dont on tourne les pages avec une envie feuilletonnesque. Là ! Le coup d’éclat de Katharine Hepburn, ici  l’aventure de la sortie de Fantasia de Disney… Quelques pages plus loin le relationnel sulfureux de deux prodiges, Fred Astaire et Ginger Rogers. L’histoire du 7e art et rien d’autre. Tout s’inscrit entre les mots et les images, une aventure qui défile à 24 images/seconde. Une énigme aussi, avec cette question récurrente de Bazin Qu’est-ce que le Cinéma ? Il faut ajouter celle de Qu’est-ce qu’un producteur des années Hollywood ? L’aventure humaine est celle de ces films réalisés à la chaîne  (un long-métrage tous les quinze jours) dont le producteur a le fameux final cut. Homme d’argent doublé d’un sens artistique  aigu. Rarement mis en défaut, il sait alimenter l’appétit des spectateurs, sentir l’évolution des besoins, proposer de nouveaux visages sur grands écrans. Tourne manège, tourne. Ingrid Bergman, Bette Davis, Cary Grant, Robert Mitchum, d’autre rejoindront où renaitront du muet, Laurel et Hardy comme exemple. La RKO Radio Pictures n’a jamais été la plus puissante des Majors. Elle a su gérer son potentiel financier et artistique de façon à  offrir aux générations dont le regard balance entre petit et grand écran, un patrimoine cinématographique que l’ouvrage met en valeur. Richard B. Jessell, dans ce premier volume nous offre les clés d’un paradis perdu. A nous de saisir le trousseau et  d’ouvrir les portes du studio.

 

Art, Culture et Foi / Paris présentent, en partenariat avec Lobster Films et l’AROSS

UN CINÉ-CONCERT EXCEPTIONNEL

CRAINQUEBILLE,
un film de Jacques Feyder

accompagné à l’orgue
par Sophie-Véronique Cauchefer-Choplin
organiste titulaire-adjointe du grand orgue de Saint-Sulpice

Église Saint-Sulpice – Place Saint-Sulpice 75006 Paris
Samedi 19 juin à 20 heures

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