le péplum vous salue bien

Il exhibe de gros biceps, court en jupette et accessoirement sauve le monde antique des pires tyrans après avoir accompli ses travaux. On trouve aussi une cité engloutie, des éruptions volcaniques dont une est restée célèbre jusqu’a nos jours. Ne pas oublier quelques courses de chars mémorables, des batailles navales, plusieurs révoltes d’esclaves et un type qui fait 42 km et des poussières… Sans parler des dieux qui, sur le pas de porte de l’Olympe, papotent en toute quiétude de l’avenir de l’univers. La liste est aussi longue que peut être magnifique le nez de Cléopâtre. La reine parmi les reines, se trouve en couverture du dictionnaire du Péplum, concocté par Claude Aziza chez Vendémiaire. 

He exhibits big biceps, runs in a skirt and incidentally saves the ancient world from the worst tyrants after having completed his work. There is also a sunken city, volcanic eruptions, one of which has remained famous until today. Do not forget some memorable chariot races, naval battles, several slave revolts and a type that makes 42 km and dust … Not to mention the gods who, on the doorstep of Olympus, chatter in all tranquility of the future of the universe. The list is as long as Cleopatra’s nose can be magnificent. The queen among the queens is on the cover of the Peplum dictionary, concocted by Claude Aziza at Vendémiaire.

Dictionnaire savant et plaisant à sortir de son sac de plage en regardant le bleu de la mer et tenter d’apercevoir dans la chaleur trouble de l’horizon,  la galère de Jason ou celle d’Ulysse revenant de son périple. La passion colle aux pages du dico avec autant d’entrées qu’il y a de rêves : 600 et plus de 3 000 films référencés; notre imaginaire ne peut que galoper. Les protagonistes sont là, nourrissant l’Histoire et la légende : comédiens, actrices mais aussi hommes de l’images, écrivains et scénaristes. Nous plongeons, tête la première, et nous voguons, guidés par une écriture codifiée que nous entretenons. Claude Aziza nous offre un voyage qu’Ulysse n’aurait pas renié. Il aurait repris le tangage le gaillard ! C’est bien là, la puissance du péplum. Un monde fantasmé dont la littérature, la BD et surtout le cinéma se sont emparés avec plus ou moins de bonheur en offrant au plus grand nombre une Antiquité imaginaire.  Le péplum vit sur un fantasme mythologique aussi complexe qu’il en est érudit. Puissance imaginative qui renvoie aux querelles de notre monde. La géostratégie de nos  conflits est aussi puissante que la décision des dieux de l’Olympe. Le film Jason et les Argonautes (1963) en est une parfaite illustration. Ce n’est pas le seul. Les codes scénaristiques des péplums ne sont pas si loin d’un cinéma politique italien que l’on retrouvera dans les années 70. Si une grande partie des films référencés sont des nanars qui font du bien à notre enfance oubliée, certains films ont valeur de symbole politique. La Chute de l’Empire romain (1964) en est un parfait exemple. La dislocation de l’unité au profit mercantile du communautarisme (ici les tribus et autres pouvoirs tribuns) nous rappelle bien notre présent. Le péplum est un genre qui doucement disparaîtra avec l’arrivée du western dont le père, Sergio Leone, et aussi l’annonceur avec son Colosse de Rhode de la fin d’un genre. Le dictionnaire est une œuvre à part. On l’ouvre à la page que l’on veut et on se laisse entraîner. Page 274 par exemple. Un nom : Steve Reeves, acteur et Monsieur Univers. Athlète qui ne ménage pas sa peine. Il deviendra “LE” Hercule. Qu’on se le dise, haut et fort. Le dictionnaire du péplum est une aventure herculéenne qui mérite le respect. Livre à lire pour le plaisir simple de tutoyer les dieux..

A clever and pleasant dictionary to get out of your beach bag looking at the blue of the sea and trying to see in the murky heat of the horizon, the galley of Jason or that of Ulysses returning from his journey. Passion sticks to the pages of the dictionary with as many entries as there are dreams: 600 and more than 3,000 films referenced; our imagination can only gallop. The protagonists are there, nourishing History and legend: actors, actresses but also men of the images, writers and scriptwriters. We dive, head first, and we sail, guided by a codified writing that we maintain. Claude Aziza offers us a journey that Ulysses would not have denied. He would have resumed pitching the fellow! Therein lies the power of the peplum. A fantasized world whose literature, comics and especially cinema have taken hold with more or less happiness by offering to the greatest number an imaginary Antiquity. The peplum lives on a mythological fantasy as complex as it is learned. Imaginative power that refers to the quarrels of our world. The geostrategy of our conflicts is as powerful as the decision of the gods of Olympus. The film Jason and the Argonauts (1963) is a perfect illustration of this. This is not the only one. The script codes of peplums are not so far from an Italian political cinema that we find in the 70s. If a large part of the films referenced are nanars which do good to our forgotten childhood, some films have the value of political symbol. The Fall of the Roman Empire (1964) is a perfect example. The dislocation of unity for the mercantile profit of communitarianism (here the tribes and other tribune powers) reminds us of our present. The peplum is a genre that will slowly disappear with the arrival of the western whose father, Sergio Leone, and also the announcer with his Colossus of Rhode of the end of a genre. The dictionary is a work apart. We open it to the page we want and let ourselves be carried away. Page 274 for example. A name: Steve Reeves, actor and Mr. Universe. An athlete who spares no effort. It will become “THE” Hercules. Let it be said, loud and clear. The peplum dictionary is a Herculean adventure that deserves respect. Book to read for the simple pleasure of speaking to the gods.